Pierre Bayle
1647 - 1706

Philosophe



Pierre Bayle



Il naquit le 18 novembre 1647 au Carla-Le-Comte, dans le comté de Foix, près de Pamlers (Ariège). Son père était ministre protestant de Carla. Sa mère, Jeanne de Bruguière, appartenait à l'une des plus anciennes familles du pays. Pierre Bayle était le second des trois enfants. Son frère aîné, Jacob, fut ministre au Carla comme son père et son frère cadet, Joseph qui fut appelé Du Perrot (un petit bien de la famille portant se nom), aura l'affection toute particulière de Pierre Bayle.

Pierre Bayle restera au foyer paternel jusqu'à ses 19 ans. Son père lui apprit le latin et le grec. Il fut un enfant fragile, devant souvent arrêter ses leçons. Passionné de lecture dès son plus jeune âge, il disait de lui-même " Le dernier livre que je vois, est celui que je préfère à tous les autres... Jamais amant volage n'a plus souvent changé de maîtresses que moi de livres " (Lettre du 21 septembre 1671)

Son père l'envoya en février 1666 à l'Académie de Puylaurens. Il étudia avec une telle ardeur, sans prendre ni repos ni vacances, qu'il finit par en tomba malade et le fut continuellement par la suite. Il dut rentrer au Carla d'où son père le renvoya en 1668, chez un de ses parents, ministre de Saverdun. Pierre Bayle s'y plaisait car il y avait une grande bibliothèque où il s'enfermait de longues journées, ce qui le fit retomber malade avec une fièvre qui faillit l'emporter. Il rentra au Carla pour y passer des mois de convalescence puis il revint au Puylaurens. Il ne revit plus Carla.

Son père l'envoya à Toulouse pour parfaire son éducation. Il suivit des cours de logique au collège des Jésuites sous la direction du Père Ignace No.

Pierre Bayle se convertit au catholicisme le 19 mars 1669, juste un mois après son arrivé à Toulouse. Il essaya également de convertir son frère Jacob. Mais le culte des jésuites pour les créatures et l'impossibilité de la Transsubstantiation le conduisirent à tout remettre en question et la visite de son frère à Toulouse acheva de l'ébranler. Pierre Bayle abjura la religion Catholique le 21 août 1670. Ses parents le firent partir secrètement pour Genève le jour même de son abjuration de peur des peines encourues par les convertis retombés dans l'hérésie.

Il devint Précepteur chez M. de Normandie, syndic de la république de Genève, puis chez le comte de Dhona à Coppet. Il se lia avec Chouet, qui professait le cartésianisme et avec les savants Minutoli, Tronchin, Pictet, Constant de Rebecque (ancêtre de Benjamin Constant), tous protestants sérieux et austères. Lors d'une conférence, il y rencontra également Basnage, qui devint son ami.

Il partit pour Rouen le 9 mai 1674 où Basnage lui trouva un poste de précepteur chez un riche marchand.

En mars 1675, il s'installe à Paris comme précepteur chez MM de Béringhen, frères d'un conseiller au Parlement de Paris et de la Duchesse de la Force, avec un traitement de 200 francs par an.

Il obtint la chaire de philosophie devenue vacante à l'Académie de Sedan, l'une des quatre académies protestante de France. Louis XIV poussé par les Jésuites, supprima les Académies protestantes et celle de Sedan fut la première. Bayle se retrouva sans ressources. Le comte de Guiscard lui promit de grands avantages s'il embrassait le catholicisme, ce qu'il refusa énergiquement. Il fut recommandé à Paetz, beau-frère de Corneille de Witt, et il se rendit à Rotterdam où fut fondé pour lui et pour Jurieu, une illustre école. Il y fut nommé professeur de théologie. Il garda une grande reconnaissance pour la famille Paetz.

Le 11 mars 1682, il publia son premier livre important " Les pensées diverses sur la comète de 1680 ". Quatre mois après, il fit paraître à Amsterdam " La critique générale de l'Histoire du Calvinisme du Père Maimbourg ".

En 1682, la soeur de Jurieu voulut marier Bayle à Mle Dumoulin, jeune, belle et riche, mais même si la jeune fille insista, Bayle refusa, préférant une vie tranquille et garder son indépendance en consacrant tout son temps à l'étude.

En mai 1684, Pierre Bayle fit paraître le premier numéro du journal " Nouvelles de la République des Lettres ". Il continua cette revue mensuelle, qu'il rédigea seul jusqu'en 1687.

Il appris la mort de son frère cadet, Joseph en mai 1684, décès qui survint un an après celui de son père.

L'évêque de Rieux, qui avait protégé Bayle après sa conversion, était furieux de l'appui que Pierre Bayle prêtait aux réformés à l'aide de sa plume. Voulant se venger mais ne pouvant rien contre lui, il s'en prit donc à son frère aîné, Jacob. Il le fit arrêter, incarcérer à Pamiers, puis à Bordeaux, pour finalement le laisser croupir dans un cachot infect du Château-trompette. Jacob ne céda ni aux menaces ni aux promesses et refusa d'abjurer le protestantisme. Il mourut le 12 novembre 1685 après cinq longs mois d'agonie.

Suite un infection pulmonaire, Pierre Bayle s'éteignit le 28 décembre 1706 à Rotterdam. Il mourut presque la plume à la main, sans s'être alité et sans avoir revue ses amis et la France.

Biographie écrite par Karine Merdrignac.
Mise en ligne le 25/04/2002

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