Blaise Pascal
1623 - 1662



Blaise Pascal

(exposé au Château de Versailles - © Au 17ème siècle)



Il naquit à Clermont, rue des Gras, le 19 juin 1623. Fils d'Antoinette Bégon, fille d'un marchand bourgeois de la ville et d'Étienne Pascal, fils d'un président à la Cour des aides. Le couple avait déjà une fille, Gilberte, qui naquit en 1620.

Son père fit ses études de droit à Paris en 1610. De retour à Clermont, il acheta l'office d’élu en élection (les élus jugeaient en première instance les discordes concernant les impôts). De petite noblesse, se nommant de temps à autre Chevalier, il fut vraisemblablement de grande bourgeoisie, milieu puissant et amateur des richesses de l'esprit.

En 1624, Étienne Pascal fut nommé second président à la Cour des aides de Montferrand. Il devint alors une autorité éminente de la province.

En 1625, naquit la soeur de Blaise, Jacqueline.

En 1626, il perdit sa mère à l'âge de trois ans, son père ne se remaria jamais.

En 1631, Blaise et ses soeurs suivirent leur père à Paris.

De 1632 à 1634, Blaise fit son éducation dans un quartier, rue de la Tissanderie près de celui du Marais. Une gouvernante fut employée, Louise Delfaut, et resta vingt ans dans la famille Pascal. Il n'eut aucun précepteur, son père l'éleva lui-même avec ses soeurs. Il enseigna le latin et le grec à Blaise quand il atteignit ses douze ans. Pour l'époque ce fut assez tard, mais comme l'expliqua sa soeur aînée, Gilberte, " La principale maxime de cette éducation, était de tenir cet enfant au-dessus de son ouvrage. » En effet, il souhaita attendre que son esprit soit suffisamment mûr pour dominer la connaissance qu'il assimilait. Blaise Pascal reçu un apprentissage très varié, allant des effets de la poudre à canon à la théorie du son, dont il fit plus tard un ouvrage détaillé sur le son.

En 1633, son père vendit leur maison familial de Clermont puis sa charge en 1634. Il plaça une grande partie de sa fortune en rentes sur l’Hôtel de Ville, pensant ainsi assurer un avenir.

En 1635, La famille Pascal s'établit dans l'aristocratique faubourg Saint Germain, proche du Luxembourg, ce qui favorise un plus grand relationnel parisien. Le père de Blaise commença à fréquenter le salon de Madame Sainctot, belle et cultivée, soeur du poète D'Alibray et ancienne maîtresse de Voiture. Il y reconnu un de ses amis de longues dates, Jacques Le Pailleur, grand mathématicien de l'époque et joyeux compagnon ainsi que Saint-Amant et Benserade. La réputation scientifique d'Étienne Pascal commença ainsi à s'accroître. Cette même année, l'Académie de savant fut fondé par le père Mersenne et Étienne Pascal, Desargues et Roberval en devinrent les premiers membres. L'Académie devint le premier foyer scientifique de l'Europe. Elle s'alliât avec Descartes installé en Hollande avec qui elle correspondait ainsi qu'avec Fermat qui fut conseiller au parlement de Toulouse.

Toujours en 1635, la famille Pascal aménagea rue Brisemiche, proche de l'église Saint-Merri jusqu'en 1648.

Blaise Pascal s'intéressa très tôt aux mathématiques mais commença par étudier en cachette de son père. Sa grande soeur Gilberte écrivit plus tard, " Il poussa sa recherche si avant qu'il en vint jusque à la trente-deuxième proposition du premier livre d'Euclide. " Son père découvrit la passion de son fils et décida qu'il était temps d'entamer une éducation scientifique plus poussée.

En 1636, la soeur cadette de Blaise, Jacqueline, composa et interpréta avec les filles de Madame Sainctot une tragédie en cinq actes. Elle refit parler d'elle en 1638 lors de sa composition de vers sur la grossesse de la reine Anne d'Autriche. Elle fut ainsi présentée à Saint Germain à la cour de la reine et y retourna plusieurs fois et y rencontra la famille de Roannez.

De 1636 à 1637, Étienne Pascal et Roberval se mirent ensemble pour critiquer les écrits scientifiques qui accompagnent le Discours de la Méthode et prirent partis pour Fermat lors d'une controverse qui opposa celui-ci et Descartes.

En 1638, le père de Blaise risqua d'être arrêté à la Bastille pour protestation concernant les arrérages de rentes sur l'Hôtel de Ville qui ne furent plus payés ponctuellement. Il échappa à la Bastille en s'exilant en Auvergne.

En 1639, Jacqueline eu l'honneur de d'interpréter une comédie devant le Cardinal Richelieu. La pièce et sa prestation ayant eu du succès, elle en profita pour implorer la grâce de son père, qui lui fut accordée. Son père devint en novembre adjoint à l'intendant de Normandie avec le titre de " commissaire député par Sa Majesté pour l'impôt et levée des tailles. "

En janvier 1640, le Chevalier Séguier, Étienne Pascal et l'intendant de Normandie furent à la tête d'une répression qui devint sanglante. Cette répression commença suite une émeute à Rouen provoquée par la misère et les impôts élevés.

Cette même année parut la première oeuvre de Blaise Pascal, " Essai pour les comiques. " Blaise Pascal s'inspira pour écrire cet ouvrage, des idées de Desargues, il découvrit le théorème de l'hexagramme mystique.

En 1641, Gilberte, la soeur aînée épousa son cousin, Florin Périer.

En 1642, Blaise Pascal commença à aider son père dans son travail. C'est à ce moment qu'il eut l'idée de réfléchir à un moyen de calculer plus vite suite aux abondants calculs des impôts. C'est ainsi qu’il pensa à la première machine à calculer. C'est en 1645 que Blaise Pascal fit connaître sa machine à calculer en décidant d'écrire au Chancelier Séguier une lettre dédicatoire. Son invention ne lui apporta point de fortune mais une grande célébrité.


la Machine Arithmétique de Blaise Pascal

La Machine Arithmétique de Blaise Pascal

En 1646, Étienne Pascal se démit la cuisse et les frères Deschamps vinrent le soigner. Ils restèrent près de trois mois auprès de la famille Pascal. Les frères Deschamps de conversion jansénisme commencèrent à convertir Blaise, Jacqueline et leur père. Mais ça ne les empêcha pas de continuer leurs travaux scientifiques. Blaise et son père refirent l'expérience de Torricelli avec le mathématicien Pierre Petit, ami de Gassendi. Cette expérience consista à laisser du vide dans un tube de verre par la descente d'une colonne de mercure.

Au début de 1647, Blaise Pascal et deux de ses amis s'opposèrent avec force à Jacques Forton, ancien capucin et sieur de Saint-Ange, rationaliste et conférencier à Rouen. Blaise et ses amis lui demandèrent de se rétracter sur ses propos. Celui-ci refusant, ils s'en confièrent au coadjuteur Jean-Pierre Camus mais celui-ci voulut étouffer l'affaire. Ils s'adressèrent ensuite à l'archevêque. Ils finirent par le faire se rétracter. En fait, Blaise Pascal et ses amis furent guidés par les idées de Saint-Cyran sur la dignité des prêtres et leur responsabilité à l'égard des fidèles.

En milieu d'année, Blaise Pascal tomba sévèrement malade ce qui le contraint à quitter Rouen pour mieux se soigner à Paris. Il y sera accompagné par sa soeur cadette, Jacqueline.

Le 23-24 septembre, Descartes vint voir son fervent opposant, Blaise, lors de son passage à Paris. Ils restèrent tous deux fermement sur leur position sur le vide.

En octobre fut édité ses " Expériences nouvelles touchant le vide " et se mit à écrire " Préface pour un traité du vide ". Sa théorie sur le vide s'opposa toujours à celle de R.P. Noël, jésuite et recteur du collège de Clermont à Paris. Il écrivit à ce sujet une " réponse au très bon R.P. Noël " et une autre en février 1648, " Lettre à M. Le Pailleur ". Le 15 novembre, il reçut une lettre de son beau-frère, Fortin Périer, lui demandant de venir au Puy de Dôme, tenter une nouvelle expérience sur le vide, pour ainsi d'après lui, vérifier la théorie de Torricelli.

En mars 1648, Blaise Pascal écrivit en latin un traité sur la " Génération des sections comiques ". Cette oeuvre fut perdue et il ne reste que certains extraits à ce jour grâce aux écrits de Liebniz.

En juillet, son père revint s'installer à Paris, rue de Touraine dans le quartier de Marais. Il apprit que sa fille, Jacqueline, avait le souhait de devenir religieuse. Soutenue par son frère, elle trouva en son père une opposition.

En août, la Fronde débuta et Blaise Pascal en devint témoin. Il désapprouva celle-ci.

Le 19 septembre 1648, l'expérience du puy de dôme demandé par son beau-frère eut lieu. Il la renouvela à Paris dans la tour de Saint-Jacques de la Boucherie et fini par conclure que " la Nature n'a aucune répugnance pour le vide... tous les effets qu'on a attribués à cette horreur procèdent de la pesanteur et pression de l'air. "

Le 22 mai 1649, le chancelier Ségur fit bénéficier à Blaise un privilège pour sa machine arithmétique alors en cours d'amélioration.

L'année 1650 marque le départ de Blaise Pascal et de sa famille à Clermont jusqu'au mois de novembre. Ce départ fit suite aux troubles de la Fronde, ce qui n'empêcha pas les habitudes de chacun. Blaise continua ses recherches sur le vide et sa Pascaline pendant que sa soeur Jacqueline se retire de plus en plus du monde.

Le 12 juillet et le 08 août 1651, ses deux lettres pour M. de Ribeyre, président de la Cour des aides de Clermont, furent publiées. Il y défendit ses droits contestés de priorité pour ses recherches sur le vide.

Le 24 septembre, Étienne Pascal décéda ce qui entraîna un désaccord entre Blaise et Jacqueline. Celle-ci réussi à donner sa part de l'héritage, comme il fut d'usage à l'époque, à son frère et en retour il lui versa une rente viagère. Ils déménagèrent de la rue de Touraine pour aller à la rue Beaubourg.

Le 4 janvier 1652, Jacqueline devint novice au couvent de Port-Royal à Paris.

Au terme du cinquième modèle-essai, la machine arithmétique, appelée Pascaline, devint définitive. Il amena celle-ci en avril dans le salon de Madame d'Aiguillon en expliquant sa théorie sur le vide. En juin, il envoya une lettre à la reine Christine de Suède au sujet de sa Pascaline en lui exposant sa théorie sur le parallélisme entre l'ordre des corps et l'ordre des esprits.

Il passa l'hiver en Auvergne. M. Fléchier colporta une rumeur suite à ce séjour, indiquant que Pascal faisait la cour à une précieuse de Clermont.

En mai 1953, une confrontation s'engagea entre Blaise, sa grande soeur, Gilberte, et leur cadette Jacqueline. Celle-ci souhaita offrir au monastère de Port-Royal ses biens. Bien sûr Blaise fut contre mais lors de son entrevue avec Jacqueline, son amour fraternel prit le dessus et il accepta complètement. Parallèlement, la Mère Angélique fut prête à accepter Jacqueline sans dot, elle n'eut pas besoin de lui proposer.

Le 5 juin, Jacqueline fit ses voeux et devint Soeur Sainte-Euphèmie.

Pascal finit ses traités " De l'équilibre des liqueurs " et " De la pesanteur de la masse d'air " (posthumes 1663).

Il fréquenta plus souvent les cercles mondains. Il parti dans le Poitou en septembre avec son meilleur ami, le Duc de Roannez. Ils rencontrèrent deux grands esprits, le Chevalier de Méré et de Mitton adeptes de Montaigne. Ils devinrent de très bons amis mondains.

En 1654, il écrivit le Traité du triangle arithmétique (posthumes, 1665) ainsi qu'une lettre à l'Académie parisienne de mathématiques sur ses recherches géométriques. Il les informa d'une nouvelle science, la " Géométrie du hasard ", fondée sur le principe du calcul des probabilités qu'il innova.

En septembre, il recommença à voir sa grande soeur et plus régulièrement. Il lui confit son dégoût des gens et déménagea pour la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel (actuellement 54, rue Monsieur-le-Prince).

Le 23 novembre, devint la fameuse nuit de la conversion pour Blaise Pascal. Durant une extase, il ressentit Dieu. Il écrivit secrètement sur un parchemin ce sentiment, cette rencontre de sa plus grande nuit et le porta jusqu'à sa mort sur lui dans la doublure de son vêtement. Ce parchemin devint le célèbre Mémorial.

En 1655, première retraite de quinze jours de Blaise Pascal à Port-Royal des Champs. Il eut une entrevue avec M. de Saci sur Montaigne et Épictète. Il en sorti transformé mais contrairement à Jacqueline ne devint pas un religieux. Il réussi à convertir son ami le Duc de Roannez.

Il effectua un second séjour à Port-Royal en janvier 1956, où il fit la rencontre d'Arnauld qui y était en ermite depuis sa condamnation par la Sorbonne.

Le 23 janvier fut publié sa première " Provenciale ". Les tomes suivants furent publiés à quinze jours ou un mois de distance jusqu'en janvier 1657. Les deux derniers le furent le 24 mars et le 1er juin 1657.

Le 24 mars eut lieu à Port-Royal, le miracle de la nièce de Blaise, Marguerite Périer.

Pendant la période août-septembre, il écrivit des lettres à la soeur de son ami, Charlotte de Roannez. Il continua également d’écrire les Provenciales et commença à composer certainement à cette époque son Apologie de la religion chrétienne.

En 1657, il composa ses " Écrits sur la Grâce " qui ne furent jamais publiés lors de son vivant, mais uniquement en 1779. Il fit également les " Éléments de géométrie " pour les élèves de Port-Royal, ce texte fut hélas perdu plus tardivement. Pendant la période de décembre 1657 à juillet 1658, il participa aux écrits des " Factums des curés de Paris ". Ces écrits provoquèrent une polémique contre les jésuites qui finit par une condamnation de " l'Apologie pour les casuistes ", du Père Pirot. Parallèlement à ses écrits sur l'Apologie, il recommença ses recherches scientifiques.

Pendant la période de juin - juillet 1658, il envoya une lettre circulaire anonyme aux savants d'Europe, leur exposant six problèmes concernant la " roulette ", appelé plus tardivement la " cycloïde ". Le président du jury, Carcavi, reçu la réponse avant le 1er octobre. Il y eut une correspondance publique assidue pour et contre entre les savants du temps. Il écrivit certainement parallèlement son " Art de persuader " et " De l'Esprit géométrique " (posthumes).

D'après Pierre Lafuma, Blaise fit une conférence en octobre - novembre à Port-Royal sur le plan de l'Apologie. Filleau de la Chaise en écrivit un exposé en 1672 d’après ses souvenirs, ceux d'autres auditeurs ainsi que des manuscrits des " Pensées ".

En décembre, il publia sous un faux nom, Amos Dettonville, une lettre à Carcavi pour donner les réponses aux six problèmes qu'il avait précédemment posés aux scientifiques européen.

En février 1659, la santé de Blaise Pascal se dégrada. Huygens apprit que sa maladie s'aggravait par une lettre de Carcavi. Blaise fut obligé de s'arrêter de travailler en août pour cette raison.

Sa santé s'améliora en 1660, et pour l'été, il pu ainsi aller à Clermont chez sa soeur et son beau-frère, les Périer. Son envie d'aider les pauvres lui devint plus intense. C'est certainement à cette période qu'il écrivit les grands textes qui furent conservés par Nicole, " La prière pour le bon usage des maladies " et les trois " Discours sur la condition des grands " destinés au jeune Duc de Chevreuse, élève de Lancelot.

Le 1er février 1661, le formulaire de mars 1657 sur la condamnation de Jansénius fut ordonné par l'Assemblées du clergé d'être signé par tout ecclésiastique.

Le 13 avril, la mesure fut validée par le conseil d'État. Au même moment, les Petites Écoles de Port-Royal furent éparpillées. Les novices furent dorénavant interdites d’entrées au monastère.

Le 8 juin, fut publié un Mandement des Grands Vicaires du Cardinal de Retz, encouragé par ses amis, Pascal et Arnauld. Il discerna dans la signature, la croyance pour le droit (les cinq proportions sont damnables) et le silence respectueux pour le fait (elles sont ou ne sont pas dans Jansénium). Le Mandement fut aboli le 14 juillet par le Conseil d'État et le 1er août, il fut banni par Rome.

Le 4 octobre, Jacqueline décéda. Sa santé fut fragilisée par les émois que la signature lui provoqua.

Le 31 octobre, la signature fut cette fois-ci exigée par le nouveau mandement. Pascal se déclara pour l'intolérance, surtout dans l'Écrit sur la signature. Son sentiment n'eut pas de soutien à Port-Royal. Suite à cette déception, il quitta toutes polémiques et retourna à ses oeuvres de piété et de charité.

En 1662, Pascal acquit des lettres de patentes pour une entreprise de transports en commun parisiens, les carrosses à cinq sols. Le 18 mars, la première ligne fut inaugurée. Celle-ci allait de la porte Saint-Antoine au Luxembourg.

Le 29 juin, la santé de Pascal se dégrada. Il fut amené chez sa soeur Gilberte Périer et son beau-frère au faubourg Saint-Marcel, dans la paroisse Saint-Étienne-du-Mont.

Le 4 juillet, il se confessa au Père Beurrier. Il eut plusieurs fois la visite d'Arnauld et de M. de Sainte-Marthe, confesseur de Port-Royal, qui vivaient depuis cachés.

Le 3 août, sentant son heure arriver, il écrivit son testament. Il versa la moitié de sa fortune aux pauvres.

Le 18 août, il reçut l'extrême onction. Il décéda le 19 août à 1 heure du matin.



Son portrait

Réalisé certainement en 1653-1654, chez le duc de Roannez, par V. Moussali.

" Le personnage porte un rabat très large sur les côtés, mais qui se rétrécit au centre ; une veste à boutons. Il se drape dans un grand manteau gris, bordé de glands. C'est le bel air de l'époque. Les cheveux fins, assez rares et très noirs, retombent en longues boucles autour de la tête. Le menton est rasé, mais la barbe est si noire qu'elle laisse sur le visage des reflets bleutés. Les sourcils sont peu épais, le teint rose, les yeux gris bleu, une fine moustache châtain sépare le grand nez busqué d'une bouche assez large, aux lèvres pleines. L'homme esquisse un sourire. L'expression est prodigieuse d'intelligence et de vie. La ressemblance de ce portrait avec le masque de Pascal, moulé dix ans plus tard, est criante, si l'on tient compte des déformations que le poids du plâtre fait subir aux visages des morts dont on prend le masque. "

Masque mortuaire de Blaise Pascal

Le Masque mortuaire de Blaise Pascal

Sa soeur écrivit dans Vie de Blaise Pascal :

" Il avait une éloquence naturelle qui lui donnait une facilité merveilleuse à dire tout ce qu'il voulait ; mais il avait ajouté à cela des règles dont on ne s'était pas encore avisé, et dont il se servait si avantageusement qu'il était maître de son style ; en sorte que non seulement il disait tout ce qu'il voulait, mais il le disait en la manière qu'il voulait, et son discourt faisait l'effet qu'il s'était proposé. "

Pascal fut d'une santé très fragile. Sa petite soeur Gilberte affirma :

" Cette fatigue entraînée par la mise au point de la machine arithmétique et la délicatesse où se trouvait sa santé depuis quelques années, le jetèrent dans les incommodités qui ne l'ont plus quitté : de sorte qu'il nous disait quelquefois que depuis l'âge de dix-huit ans, il n'avait pas passé un jour sans douleur. "

On ne connut pas sa maladie malgré les recherches de Boulliau et du Dr Onfray.



Son portrait moral

Pascal fut considéré comme un passionné. Il voyagea beaucoup durant sa vie. Il se rendit fréquemment à Clermont et à Rouen. Il alla également à Fontenay-Le-Comte, aux eaux de Bourbon, à Dieppe et peut-être à Lyon.
Il se lança dans plusieurs projets infructueux comme le commerce de sa machine à calculer, les transports en commun, les Carrosses aux cinq sols, l'assèchement des marais poitevins, et l'éducation du jeune prince.

Il fut reconnu pour sa hargne dans ses réponses contres ses critiques et adversaires, tant dans le domaine scientifique que le domaine religieux.

En fait, Pascal Blaise fut un être très sensible, affectueux pour sa famille particulièrement pour sa grande soeur Jacqueline. Gilberte, son aînée affirma qu'il le fut également avec le duc de Roannez et sa soeur. Cette tendresse fut démontrée dans le mysticisme. Son oeuvre le Mémorial et le Mystère de Jésus le révéla.

Son caractère se distingua également par une grande maîtrise de soi. Celle-ci se ressentie dans son oeuvre Les Pensées.



Sa vie matérielle

Sa grande soeur Gilberte Périer écrivit :

" Il témoigna si bien qu'il voulait quitter le monde, qu'enfin le monde le quitta ; et il établit le règlement de sa vie dans cette retraite sur deux maximes principales qui furent de renoncer à tout plaisir et à toute superfluité ; et c'est dans cette pratique qu'il a passé le reste de sa vie. Pour y réussir, il commença dès lors, comme il fit toujours depuis, à se passer du service de ses domestiques autant qu'il pouvait. Il faisait son lit lui-même, il allait prendre son dîner à la cuisine et le portait à sa chambre, il le rapportait ; et enfin il ne se servait de son monde que pour faire la cuisine, pour aller en ville et pour les autres choses qu'il ne pouvait absolument faire [...]. Ses continuelles maladies l'obligeaient de se nourrir délicatement, il avait un soin très grand de ne point goûter ce qu'il mangeait [...] et lorsqu'il arrivait que quelqu'un admirait la bonté de quelque viande en sa présence, il ne le pouvait souffrir ; il appelait cela être sensuel, encore même que ce ne fût que des choses communes ; parce qu'il disait que c'était une marque qu'on mangeait pour contenter le goût, ce qui était toujours un mal. "



Sa vie intélectuelle

Roger Pons écrivit dans l'introduction aux Provenciales :

" Il a été à la fois un grand savant, un grand écrivain et un grand chrétien. Certes il y eu de brèves périodes où les recherches scientifiques l'ont accaparé ; d'autres où il s'est donné davantage à la réflexion morale et à la rédaction ; d'autres enfin où le souci de son âme et de Dieu a pris le pas sur tout le reste. Mais ce serait une lourde erreur que de diviser sa vie en étapes bien tranchées. On est souvent tombé dans cette erreur. On a représenté Pascal comme un savant à oeillères, enfermé dans la géométrie et la physique ; il aurait fait ensuite l'apprentissage du monde et des livres et joué à l' " honnêtes homme ", jusqu'au moment où il aurait tout abandonné pour se donner sans partage à la religion. Il importe de faire justice de ce séparatisme simpliste. Pascal est un des vivants les plus passionnés et les plus complexes qui aient existé. Il a exercé simultanément tous ses dons, suivi à la fois tous ses appels. Jusqu'au dernier jour, quand sa santé le lui a permis, le savant est demeuré sur la brèche ; et dès son adolescence, il s'est mêlé au monde et a bataillé pour la foi. "

Biographie écrite par Karine Merdrignac.
Mise en ligne le 20/04/2005

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