François d'Aix de La Chaize
Appelé " Le Père La Chaise "
1624 – 1709

Jésuite – confesseur du Roi Louis XIV



François d'Aix de La Chaize



Il naquit le 25 août 1624 au Châteaux d'Aix en Forez, deuxième de douze enfants.

Son père George d'Aix, seigneur de La Chaize, fut chevalier de l'ordre de St Michel suite à de grands faits d'armes.
Sa mère Renée de Rochefort fut très pieuse. Elle était la nièce du Père Coton, le confesseur du roi Henri IV.

Il fit ses études dans le collège de Roanne fondé par sa famille maternelle et fut très rapidement attiré par la Compagnie de Jésus. Son engouement et l'appui de son oncle, le Père d'Aix, membre de cette Compagnie, lui permirent d'y entrer.

Il fut envoyé à Lyon après ses épreuves de noviciat pour étudier les belles-lettres auprès de son oncle, le Père d'Aix. Il y étudia par la suite les mathématiques et la philosophie. Après ses études de théologie, il fut envoyé à Rhodez pendant un an pour préparer ses derniers voeux. Il se rendit ensuite dans la région de Lyon pour y enseigner la philosophie. Sa méthode d'enseignement fut tellement appréciée, qu'il commença à avoir du succès.

En 1661, suite à la demande du public et des jésuites, il fit imprimer à Lyon son cours en abrégé.

Il commença à enseigner la théologie et fut rapidement nommé recteur de la maison des Jésuites de Grenoble.

Son protecteur, Camille de Villeroy, l'archevêque de Lyon, qui ne supportait pas son départ, obtint son retour auprès de lui en écrivant au Général de la Compagnie. François d'Aix de La Chaize fut aussitôt nommé Père Provincial.

L'archevêque de Lyon, Camille de Villeroy avait été nommé par Louis XIV pour administrer le diocèse et le gouvernement du Lyonnais. Il était une personnalité très influente. Avec l'appui de son frère le maréchal de Villeroy, il n'hésita pas à la mort du Père Ferrier, le confesseur du roi, de placer le Père Provincial pour succéder à celui-ci. Un des frères du Père de La Chaize était l'écuyer de l'archevêque de Lyon. Plus tard, grâce à son frère François d'Aix de La Chaize, il devint capitaine de la Porte du Roi.

Louis XIV apprécia le Père de La Chaize dès leur première entrevue.
En 1675, il devint confesseur du roi. Louis XIV le chargea aussitôt de la feuille des bénéfices comme le fut son prédécesseur, le Père Ferrier.

En 1677, Le Père de La Chaize fut chargé par Louis XIV de la haute direction des missions dans les provinces pour convertir les hérétiques.

François d'Aix de La Chaize accompagna souvent le Roi dans ses expéditions militaires, allant même dans les tranchées avec lui.

Au moment où le Père de La Chaize fut nommé confesseur du Roi, la favorite de Louis XIV, la marquise de Montespan était à son apogée. Il prit son parti de ne pas offusquer le roi en le sermonnant mais en gardant un habile silence tout en glissant opportunément son désaccord. Ce qui eut plus d'impacts que les blâmes de son prédécesseur. Madame de Montespan comprit très vite la tactique du confesseur. Elle le méprisa aussitôt mais ne réussit pas à le discréditer.

Il eut de bons alliés dont Bossuet et Madame de Maintenon, la gouvernante des enfants du Roi et de la marquise de Montespan. Ensemble, ils se liguèrent contre Madame de Montespan tout en essayant de réorienter le Roi vers la Reine, Marie-Thérèse d'Autriche.

En 1682, une propriété des jésuites, le domaine de Mont-Louis, tombait en ruine. Le Père François d'Aix de La Chaize demanda au Roi de la rénover. Louis XIV accepta et la fit reconstruire plus grande et plus confortable. Des terrains entourant Mont-Louis furent achetés, ce qui permit l'agrandissement de la propriété. Le Père de La Chaize y séjourna souvent, amené par une voiture de la cour. Mont-Louis devint son pied-à-terre pour y recevoir sa famille et ses proches amis comme Jean Racine et Nicolas Boileau.

En 1683, la reine tomba malade à son retour d'Alsace et de Bourgogne. Mourante, elle reçut la dernière communion du Père de La Chaize.

Le 18 octobre 1685, le Roi révoqua l'Édit de Nantes.
La conjoncture politique des pays limitrophes, la peur d'une agitation dans le pays et l'opinion du Père de La Chaize, Madame de Maintenon, le Chancelier Le Tellier, le marquis de Louvois, Pélisson et autres conseillers de Louis XIV influèrent en direction de la révocation de cet Édit.

Madame de Maintenon était très pieuse et le Père de La Chaize l'appréciait entre autre pour cette qualité et ne l'assimilait pas à une favorite comme Madame de Montespan. Elle était, pour lui, digne d'être au côté du Roi. Pour légitimer le nouveau couple, il aurait adhéré rapidement à l'idée d'un mariage morganatique qui resterait secret.

Vers la fin de l'année 1685, le mariage secret de Louis XIV et de Madame de Maintenon fut célébré par l'archevêque de Paris dans un oratoire particulier du château de Versailles, en présence du Père de La Chaize qui fit la messe.



Le Père La Chaize officiant au mariage de Louis XIV et de Madame de Maintenon

Le Père La Chaize faisant la messe au mariage secret de Louis XIV et de Madame de Maintenon
(gravure du XIXème siècle)



En 1686, le roi tomba gravement malade. Son confesseur fit parti des intimes qui eurent connaissance de sa maladie. Le 18 novembre 1686, le Père de La Chaize confessa le Roi juste avant la douloureuse et éprouvante opération de sa fistule. L'opération n'eut pas le succès escompté. Louis XIV dut subir trois nouvelles opérations. Pendant la lente convalescence du Roi, son confesseur resta auprès de lui, le rassurant. Il fut touché de sa bienveillance et lui donna sa totale confiance.

Il obtint juste après la charge entière de la direction des affaires ecclésiastiques. Auparavant, il la partageait avec l'archevêque de Paris.

Durant son ministère, il s'attira la haine et la jalousie. De nombreux pamphlets et couplets satyriques furent écrits. Il réussit de nombreuses fois à déjouer de puissantes cabales qui avaient pour but de le destituer.

Madame de Maintenon créa la fondation de Saint Cyr. Le Père de La Chaize, Jean Racine et Nicolas Boileau (les meilleurs amis du confesseur) apportèrent leurs corrections aux constitutions de la communauté.

En 1692, lors de la campagne de Belgique, il y accompagna Louis XIV. Il fut à ses côtés pendant la prise de Namur. Il fut endeuillé par le décès de l'un de ses petits neveux qui fut tué durant la bataille.

À partir de 1695, le Père de La Chaize reçu la charge de présenter au Roi les nominations pour l'admission à Saint Cyr.

Suite à des divergences d'opinions sur la dévotion, le jansénisme, entre le Père de La Chaize et Madame de Maintenon, un éloignement se fit entre eux. Elle souhaitait que le Roi pratique la piété comme elle et influait pour que le Père de La Chaize amène le Roi sur cette voie. Le confesseur du Roi s'y refusa. Elle devint une opposante latente.
Elle se rapprocha du cardinal de Noailles.
En 1695, à la mort de l'archevêque de Paris, M. de Harlay, elle fit nommer Louis-Antoine de Noailles, évêque de Châlons, à sa place sans prévenir le Père de la Chaize qui était en charge de présenter au Roi les nominations. À partir de cette époque, il dut partager avec Louis-Antoine de Noailles sa charge de présenter au Roi la feuille pour la distribution des bénéfices ainsi que les nominations des prélats.

Vers 1704, il songea à la retraite, mais le Roi refusa.

Le 20 janvier 1709, François d'Aix de La Chaize mourut à cinq heures et demie du matin dans la maison-professe de Saint Louis des Jésuites de la rue Saint-Antoine, à l'âge de 85 ans. Il fut inhumé dans les caveaux de la chapelle de la rue Saint-Antoine, aujourd'hui l'église Saint-Paul-Saint-Louis.

Le Père LeTellier succéda au Père de La Chaize au titre de confesseur du Roi.

Biographie écrite par Karine Merdrignac.
Mise en ligne le 26/05/2011

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